▲ Chronique du Monde Sans Nom ▲

Bonjour à tous,

Maureen, de Le blog de Poppy a fait une chronique du Monde Sans Nom que vous pourrez retrouver ici. Elle a aussi fait un article dans lequel elle m’interroge sur mes inspirations, mes envies, mes projets. J’ai pensé qu’il serait peut-être intéressant de le partager ici. Voici donc le contenu de nos échanges : 

Ses questions :

▲ 1 : Quels sont tes rapports avec la lecture? Est-ce que tu lis beaucoup? Depuis longtemps? Quel est ton genre de prédilection?

Ma passion pour la lecture est venue sur le tard (il y a peut-être huit ans). Je lis beaucoup ou tout du moins j’essaie, mais ayant une vie pas mal remplie, il y a certaines périodes pendant lesquelles je lis moins. Je ne suis pas certaine d’avoir de genre de prédilection mais si on regardait ma bibliothèque, on pourrait facilement supposer que je lis beaucoup de Fantasy.

▲ 2 : Comment t’es venu l’envie d’écrire? (bateau, mais je me pose toujours la question. Quel peut-être l’élément déclencheur?)

Comment m’est venue l’écriture ? Doucement, je suppose. Ça a été l’inverse d’un coup de foudre. Ça a été une attirance lente mais bien présente. Depuis que je lis, j’apprécie écrire quelques petits textes mais il y a deux ans et demi, je me suis décidée à sortir de ma zone de confort pour tenter d’aller au bout de l’aventure que représente la confection d’un livre.

Je dis « confection » car c’est de cette façon que je le vis. Je taille, je sculpte, j’efface, je recommence.

J’étais en vacances dans le Sud et un matin je me suis réveillée avec cette petite voix qui me susurrait « c’est bon, c’est le moment ». Depuis je tente d’apprivoiser mon rapport à l’écriture.

▲ 3 : Quelles sont tes inspirations, ces livres, ces personnages, ces personnes…, ces petites choses qui ont contribué à la création de ton histoire?  

Mes inspirations sont multiples. Elles se présentent sous la forme de « fantômes » que je croise au quotidien. Je vois, je lis, j’entends quelque chose qui m’interpelle. Je le note sur mon carnet ou sur mon I phone parce que je connecte tout de suite ces étincelles avec mon univers. Ça peut être juste un mot, une phrase, une bribe de dialogue, une chanson. Je fonctionne beaucoup avec un  Mood-board. Ce qui explique que je partage sur mon site régulièrement mes inspirations, parce qu’au moment où j’écris, j’ai ces images soit en tête soit directement punaisées face à moi. Je me suis documentée sur les indiens d’Amérique. Je me suis appuyée sur un titre en particulier : Pieds nus sur la terre sacrée de T.C. McLuhan. C’est un recueil de paroles, de citations indiennes. Leurs paroles, visions résonnent jusqu’à nos jours. Nous avons détruit leur monde, nous détruisons le notre maintenant.

▲ 4 : Quelles études as-tu effectué et que fais-tu dans la vie quand tu n’écris pas? 

J’ai fait des études de psychologie (clinique pour être exacte) et je suis ATSEM en école maternelle. J’organise aussi (pas toute seule) à côté de ça des concerts un peu particuliers dans des appartements.

▲ 5 : Comment est-ce que tu t’organises pour concilier vie professionnelle, vie personnelle et écriture? 

J’ai la chance d’avoir pu décider de travailler à mi-temps. En dehors de ça, je fais comme tout le monde, je jongle. Je n’aime pas foncièrement être organisée, j’aime la spontanéité mais force est de constater qu’avec mes diverses obligations, l’organisation s’impose à moi.

▲ 6 : Comment travailles-tu et quelles sont tes conditions idéales pour écrire? 

Je pense n’avoir qu’une condition essentielle à l’écriture : la musique. Je suis une véritable obsessionnelle. Je peux écouter le même morceau toute une journée. Affreux pour mon entourage mais jouissif pour moi. J’adore Ben Howard, Ray Lamontagne, Ottis Redding, Marcus Foster, Christine and The Queens mais aussi tellement, tellement d’autres.

Je pense quand même tirer le meilleur parti de mes phases d’écriture quand je m’impose d’écrire régulièrement et quand j’ai la possibilité d’écrire longtemps (toute une journée, par exemple).

▲ 7 : Que pensent tes proches de tout cela? T’encouragent-ils? Certains ont-ils lu ton livre?

Mes proches sont heureux pour moi de me voir m’épanouir. Ils m’encouragent, même si aucun n’a de véritable passion pour l’univers littéraire. Et oui, certains ont lu « Le Monde Sans Nom ». Ils l’ont apprécié mais je crains un manque flagrant d’objectivité (et je les en remercie, c’est une chance d’avoir autour de vous des gens qui vous aiment tellement qu’ils en perdent leur impartialité).

Il me faut remercier Nelly du blog Pincée de fantaisie qui m’a soutenue, relue et encouragée pendant l’écriture de mon roman. Le Monde Sans Nom m’aura amené son amitié et c’est déjà pour moi énormément. Merci Nelly.

▲ 8 : Écris-tu pour des personnes en particulier, pour un type de public spécifique, ou simplement pour extérioriser et t’exprimer?

J’écris pour tous ceux qui souhaitent rêver sans me poser aucune question sur leur âge, leur sexe, leur situation. J’écris pour moi, pour ceux qui voudront prendre du temps pour me lire.

▲ 9 : Dans ton roman, Le monde Sans Nom, les personnages sont extrêmement proches les uns des autres. Leurs liens affectifs sont très forts et ils m’ont pas mal fait rêver. Est-ce que tu t’es inspirée des relations que tu entretiens avec tes proches, ou de liens que tu as pu constater dans un groupe, ou est-ce que, au contraire,  c’est le genre de liens auxquels tu aspires?  

L’univers romancé n’est rien d’autre qu’un éclairage appuyé sur ce qui existe déjà pour tout le monde. J’aime les gens qui m’entourent. Profondément. Je leur dis souvent. Je pense qu’on se nourrit des gens qui gravitent autour de nous. Je suis là pour les miens et je sais qu’ils seront là pour moi (même s’ils sont loin, même si on passe trois semaines sans se téléphoner).

Je vois aussi mes personnages comme des personnalisations des sentiments. Aucun n’a tord ou raison. Aucun est toujours dans le vrai ou le faux. Ils peuvent tous se justifier à un moment donné. Ils sont là pour se pousser les uns les autres. Simen se nourrit de sa famille pour se découvrir. Ses frères, mais aussi sa grand-mère, l’aident chacun à leur manière à évoluer.

Je pense que c’est ce que font toutes les personnes que vous croisez dans votre vie. Même les personnes négatives peuvent vous apprendre à lâcher-prise. Toutes les interactions sont des occasions.

▲10 : Dans ton histoire, on constate également la présence de certaines valeurs très importantes : l’importance de l’identité, du nom, de la femme, du culte etc., mais également l’importance des choses à travers le mode de vie des Neyri, un peuple nomade qui accorde très peu d’importance aux biens matériels. Est-ce qu’il y a une part d’autobiographie dans ton histoire? Certaines de ces valeurs sont-elles importantes pour toi? 

J’aime les personnages forts, non pas envahissants-envahisseurs mais droits. J’ai choisi de les mettre en avant dans mon roman. Je voulais aborder le sujet des croyances personnelles. Deux cultures qui semblent au départ diamétralement opposées, se découvrent des points communs. Alors que les Neyri et les Eldiriens ne prient pas le même « dieu », la même entité, ils prient pour la même chose. Le socle de base de leur croyance est le même : la bienveillance.

Je n’ai pas de conviction propre. Je ne pratique aucune religion mais je suis toujours étonnée de constater que les fondements religieux restent en gros les mêmes pour tout le monde. Il s’agit de se comporter suffisamment bien pour pouvoir à tout le monde de vivre ensemble. Simple quand on y pense.

Pour l’importance de l’identité, c’est encore une fois une métaphore pour montrer l’importance de se trouver et de ne pas se perdre (mais là, on parle de l’œuvre d’une vie entière). Et puis, je m’étais demandé ce qui pouvait bien avoir de l’importance pour un peuple qui ne possède rien. Que pourraient-ils vraiment donner ? J’ai eu l’idée du nom.

Plus généralement, je pense effectivement qu’il est urgent de remettre en question notre mode de fonctionnement, de consommation. Je suis loin, très loin d’être parfaite sur ce sujet mais nous nous sommes trop coupés de la nature et je pense que cette séparation nous a coûté une certaine forme de « pureté ». Peut-être devrions-nous arrêter de nous créer des besoins ?

▲11 : L’univers que tu as mis en place afin de créer ton histoire est complexe et très bien dépeint. Depuis combien de temps travailles-tu sur cette histoire? 

J’ai eu le Monde Sans Nom en tête peut-être quatre mois avant de me mettre réellement à l’écriture. J’ai ensuite travaillé une petite année dessus. J’écris doucement. J’aime les mots, j’aime trouver les bons, trouver le bon rythme, le bon ton. Tout ça me demande de la lenteur et donc du temps.

▲ 12 : Tu m’as dit être en train de travailler sur le tome deux (que j’attends avec grande impatience). À vu de nez, combien de volumes comprendra cette série? Envisages-tu d’écrire une autre histoire après Le monde Sans Nom? Si oui, quel en serait le genre? 

Je pense que Le Monde Sans Nom comportera trois – peut-être quatre ? – tomes. Le tome 2 est déjà en cours d’écriture. Je cherche encore ma structure de base. Jusqu’où vais-je développer ce tome ? Mais les choses sont déjà pas mal en place (tout du moins, dans ma tête).

J’ai commencé en parallèle une autre histoire. Je travaille dessus depuis le mois de novembre. Cette histoire est très différente de ce que vous lisez. C’est une romance contemporaine, plus sombre, plus adulte qui se passe à Londres. Je souhaite aborder les thèmes de l’amour rédempteur. Peut-on, doit-on tout accepter par amour ? Est-il sain d’accepter de dépendre de quelqu’un ou que quelqu’un dépende de vous ? Chacun n’est-il pas responsable de sa propre route ? Est-on définit par nos actions, par ce que nous faisons ou pas ?

Ça n’a pas l’air romantique comme ça mais l’idée est que si vous aimez profondément quelqu’un d’un amour qui aide à grandir, ne voulez-vous pas que cette personne puisse s’en sortir dans la vie même sans vous ?

▲ 13 : Un conseil pour ceux et celles qui veulent se lancer dans l’écriture? 

Je ne suis pas certaine d’être de très bons conseils mais si je ne devais vous dire qu’une chose ce serait : ne croyez pas toujours ce que vous pensez.

Je doute trop. J’essaie de ne plus m’écouter sur ce point là.

Je vous conseille de lire ce billet d’Éléonore Bridge : http://www.leblogdelamechante.fr/blog-mode/lechec/

Osez. Vivez. Souriez. Écrivez si c’est ce que vous souhaitez. Qu’avez-vous à perdre ?

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Merci Maureen pour nos échanges et pour tes gentils mots.

Vous pouvez retrouver Maureen ici

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